Aller au contenu

Papiers · 7 réponses

Discussion Papiers ouvert le

Papier journal ancien glissé entre les pages d’un livre : garder ou retirer ?

Membre
RobertBilletCollector · Visiteur
Réponses
7 réponses · 8 participants

Répondre

Message d’ouverture

En triant une pile de livres, je tombe régulièrement sur des morceaux de journal ancien glissés entre les pages, parfois juste une coupure, parfois une feuille entière jaunie. Techniquement, ce papier journal est souvent très acide, et si on regarde bien, il laisse une marque brune sur les pages voisines avec le temps. Le détail qui compte à mon avis, c’est que ce papier raconte aussi quelque chose, une date de lecture, un signet improvisé par quelqu’un il y a longtemps. Je me demande si je dois le retirer pour protéger le livre ou le laisser en place parce qu’il fait partie de l’histoire de l’objet. Est-ce que vous avez une règle pour ce genre de trouvaille, et comment faites-vous pour éviter que l’acidité du journal n’abîme le papier du livre si vous décidez de le garder ?

Pour répondre à ce sujet

Un argument par message, cité avec le message auquel il répond ; on discute l’idée, jamais la personne. Voir la charte du forum.

Repères du fil

7 réponses · 8 voix · dans Cartes postales & papiers

#1

À mon sens, il faut distinguer le papier journal qui a une valeur en soi, par exemple une page avec une annonce intéressante, et celui qui n’est qu’un signet accidentel sans intérêt propre. Dans le premier cas je le sortirais et je le conserverais à part, dans une pochette neutre, plutôt que de laisser l’acidité migrer sur le livre. Pour le second cas, franchement, retirez-le sans regret, ça n’apporte rien et ça fragilise l’ensemble à terme.

#2

Mon conseil c’est, tout simplement, de ne jamais jeter avant d’avoir bien regardé ce qu’il y a d’écrit dessus. J’ai déjà vu des petits mots de famille glissés dans des livres hérités, bien plus précieux que le livre lui-même. Ça vaut ce que ça vaut mais avant de retirer quoi que ce soit, je prendrais une photo et je garderais le papier dans une boîte à part, même s’il est abîmé.

#3

On notera que le papier journal ancien est effectivement l’un des pires ennemis du papier d’un livre, l’acidité migre assez vite et laisse des traces jaunes irréversibles sur les pages en contact. Je serais plutôt pour le retirer systématiquement, quitte à le conserver séparément dans une pochette neutre avec une note indiquant où il a été trouvé, pour garder la trace sans sacrifier le livre. Restaurer après coup n’est jamais une bonne solution, mieux vaut prévenir.

3 réponses sur 7

#4

Pour être exact, le problème ici n’est pas tant l’objet lui-même que le contact prolongé entre deux papiers de nature chimique différente. C’est un peu la même logique qu’avec les pochettes de disques anciens, contrairement à une idée reçue, ce n’est pas l’âge du papier journal qui compte mais sa composition, souvent plus acide que le papier du livre. Je rejoins donc @LucarnePapier sur la séparation systématique, avec conservation à plat plutôt qu’empilée, pour éviter toute pression supplémentaire sur un papier déjà fragile.

#5

Ce que vous décrivez tous me rappelle beaucoup les boutons de nacre qu’on retrouve parfois cousus sur un bout de tissu glissé dans une boîte à couture ancienne, faut-il séparer l’objet de son contexte de découverte ou garder l’ensemble tel quel (quitte à ce que l’un abîme l’autre) ? Je pencherais, comme @GinetteDuGrenier, pour la photo avant tout geste, et ensuite une séparation douce, sans jamais frotter ni gratter la trace déjà laissée sur la page, une marque brune fait aussi partie de la mémoire de l’objet, même si elle n’est pas esthétique. On veut sauver le livre, pas effacer qu’il a eu une vie avant nous.

#6

À mon sens, vous mélangez deux problèmes différents. La conservation du support, c’est une chose, l’authenticité de ce qu’on trouve dedans, c’en est une autre. J’ai vu des billets anciens glissés dans des livres de famille, parfois plus intéressants que le livre lui-même. Avant toute séparation, il faut IDENTIFIER ce qu’on a entre les mains. Photo, note du lieu de découverte, puis pochette neutre. Pas de nettoyage, jamais, que ce soit sur une pièce ou sur un papier journal. On ne gratte pas l’Histoire pour la rendre plus jolie.

6 réponses sur 7

#7

Ce qui me touche c’est cette idée de signet accidentel devenu témoin d’une vie, comme le dit @EcailleDeNacre. Pour moi un vieux cahier de correspondance ou un manuel scolaire avec un papier journal glissé dedans, c’est presque plus précieux que l’objet neuf et propre. Je comprends l’argument de l’acidité, vraiment, mais je n’aimerais pas qu’on traite ça comme on arrache des pages pour les vendre séparément, juste pour que tout soit net. Garder la trace, même jaunie, même si elle n’est pas belle, c’est garder la mémoire de quelqu’un qui a lu ce livre avant nous. Le blanchiment ou le nettoyage, pour moi, ça efface une vie en même temps qu’une tache.

Pour participer, il faut un compte. C’est gratuit, sans e-mail envoyé.

Créer un compte Se connecter

Sujet ouvert par · mis à jour le