Pour ma part, je me pose souvent cette question en feuilletant mes classeurs d’entiers postaux. Un timbre classique, si beau soit-il, n’a de sens à mes yeux que si l’on peut en observer l’oblitération, la texture du papier, la finesse de la dentelure à la loupe. Le garder enfermé dans une pochette plastifiée sans jamais le ressortir me semble trahir l’objet lui-même, si je puis me permettre cette formule un peu abrupte.
Je comprends cependant que d’autres collectionneurs, notamment dans le monde des cartes à jouer modernes, considèrent qu’un objet scellé conserve une forme de pureté, presque une promesse jamais rompue. C’est un rapport très différent à la collection, moins tourné vers l’étude que vers la conservation d’un état originel.
Personnellement, je n’ai jamais été convaincu par cette approche, mais je reconnais qu’elle a sa cohérence. Alors je vous le demande : préférez-vous un objet qu’on peut toucher, examiner, presque faire vivre, ou un objet qui reste figé à jamais dans son emballage d’origine ?