J’adore quand on parle de ça, parce que franchement c’est magique de voir comme les gens utilisent des mots flous sans s’en rendre compte. Pour les poupées en porcelaine par exemple, je préfère dire craquelure, éclat de peinture, ou perte de couleur plutôt que juste usée, qui ne veut rien dire du tout. Du coup quand quelqu’un me décrit une poupée comme en bon état je demande toujours des précisions, parce que bon état pour une vitrine et bon état pour jouer avec, ce n’est pas pareil non plus.
Concrètement chez les trains miniatures on a le même souci. Les gens disent patine alors qu’il s’agit parfois juste de rouille, ou ils disent original quand une pièce a clairement été changée. Pour le coup je pense qu’il faudrait distinguer l’usure liée au temps, qui est normale et même recherchée par certains, et les dégâts liés à une mauvaise manipulation ou un stockage raté. Quand j’évalue une loco je regarde la cohérence entre les pièces, le jeu mécanique, et l’état de la peinture séparément, plutôt qu’un jugement global vague.
Il faut distinguer deux choses, et je m’étonne que personne ne l’ait mentionné. En numismatique on a depuis longtemps des grilles précises, et c’est factuellement incorrect de penser que le vocabulaire approximatif se limite aux jouets. Le problème vient toujours du même endroit : des amateurs qui emploient des termes esthétiques plutôt que descriptifs. Pour être précis, une description d’état doit séparer l’usure mécanique, l’usure de surface, et les altérations volontaires comme le nettoyage ou le polissage, que je déconseille catégoriquement dans mon domaine et qui pose, je suppose, les mêmes risques avec une figurine peinte.
Ça me rappelle toutes ces discussions de vide-greniers où un vendeur vous dit état parfait pour un jouet en tôle qui a perdu moitié de sa peinture. Quel plaisir de revoir ces vieilles voitures miniatures, mais encore faut-il décrire honnêtement les manques, les points de rouille, les pièces qui ne tournent plus. On n’en fait plus comme ça, c’est vrai, mais justement il faut être précis pour que l’acheteur ne soit pas déçu en recevant l’objet. Je dirais qu’il faut toujours préciser si la boîte est d’origine aussi, car ça change tout pour l’évaluation globale.
Ce qui me frappe en vous lisant, c’est que la BD ancienne souffre exactement du même flou : on voit encore des annonces avec “bel état” pour une première édition dont le dos est cassé et la jaquette restaurée sans le dire. Je préfère pour ma part distinguer l’usure de lecture normale (coins frottés, dos légèrement marqué) des altérations volontaires (pages recollées, jaquette refaite, cachet gratté). Pour autant, je nuance ce que dit @DidierNumismateDur sur le nettoyage : en philatélie ou en numismatique c’est presque toujours à proscrire, mais sur une figurine en tôle couverte de poussière, un simple dépoussiérage sec n’a rien d’une falsification, contrairement au repeint. La frontière n’est pas la même selon le matériau, je pense.
Ça rejoint un peu ce que je vis avec les échanges : quand les deux parties ne décrivent pas l’état avec les mêmes mots, l’échange tourne mal même sans mauvaise foi de personne. On peut sûrement s’arranger en amont en listant les défauts un par un plutôt qu’en donnant une note globale genre “bon état”. Comme le dit @RetroJouets60 pour la boîte d’origine, à voir selon toi mais je trouve que ça devrait être un critère séparé systématiquement, pas noyé dans l’appréciation générale de l’objet. Dans un esprit d’échange, mieux vaut sous-évaluer légèrement au départ et ajuster ensuite que l’inverse.
Bon on va me dire que c’est juste une question de vocabulaire, mais sérieusement ? Je doute franchement que ça change grand-chose sur le terrain. Même avec des termes précis, qui vérifie concrètement l’état mécanique d’une loco ou la peinture d’origine d’une figurine sans l’avoir en main ? On invente des catégories savantes et au final ça ressemble beaucoup au grading des cartes, qui est surtout un argument marketing pour justifier un prix.