Belle trouvaille GroscheDeBuffet, et je suis d’accord sur les plis qui font partie de l’histoire. Moi c’est plutôt les jeux de cartes publicitaires que je chine, et j’ai mis la main sur un petit jeu de tarot régional incomplet, il manquait trois cartes, à peu près aucune valeur marchande. Mais les figures étaient tellement particulières que je l’ai acheté sans négocier.
Par contre je ne suis pas convaincu par l’idée de passer ces objets-là au grading, même pour le fun. Objection : sur du papier ancien ou des cartes comme ça, ça n’apporte rien, le charme est justement dans l’imperfection brute, pas dans une note sous plastique.
Quel plaisir de lire ça. J’ai une carte postale ancienne d’un petit village, trouvée tout au fond d’une caisse, le timbre encore collé et une écriture fine au dos que je n’ai jamais réussi à déchiffrer entièrement. À mon avis, ce petit détail de l’écriture illisible fait tout le charme, on imagine la personne qui l’a envoyée sans jamais vraiment savoir.
Je rejoins PliTropMarque sur l’imperfection qui donne tout le sel à ces objets, et je précise seulement qu’il faut éviter de décoller ce genre de timbre pour l’isoler, ce serait dommage de séparer la carte de son histoire complète.
Pour résumer, on pourrait dire que ce fil est un bel éloge de l’imperfection, et je le comprends très bien sur le plan sentimental. Mais permettez-moi une nuance, puisque c’est un peu mon obsession ici : dans mon album, je sépare toujours ce qui relève du souvenir pur de ce qui relève de la pièce philatélique proprement dite. Pour un timbre ancien, même modeste, je m’explique : une oblitération nette, une surcharge bien visible, un entier postal complet, cela se juge d’abord à la cote, pas au ressenti. Ce n’est pas un manque de cœur, c’est simplement que la cote reste le seul repère objectif quand on veut comparer deux pièces entre collectionneurs.
Ce qui me gêne un peu plus, c’est quand je vois encore des charnières anciennes laissées en place sur un timbre qu’on vient de retrouver, par respect pour son histoire. Je comprends l’intention, mais une charnière qui a durci finit par abîmer la gomme durablement, et là on perd sur les deux tableaux, le sentiment et la valeur. Et sur le nettoyage évoqué plus haut pour d’autres objets, je suis totalement de l’avis de PliTropMarque : sur un timbre, l’eau n’a jamais rien arrangé, elle efface souvent plus qu’elle ne révèle.