Je viens plutôt du monde des albums et des fascicules anciens, mais la question se pose exactement de la même façon pour les cartes, je crois. Ce qui me frappe, quand je regarde ma propre bibliothèque, c’est que les exemplaires que je chéris le plus ne sont jamais les plus pristine. Un album un peu lu, aux coins arrondis, me raconte une histoire : celle de sa lecture, de ses passages de mains en mains. Un fascicule neuf, jamais ouvert, a quelque chose de figé, presque triste.
Si l’on compare avec les cartes à collectionner, j’imagine que c’est pareil : une carte sous blister garde sa promesse intacte, son potentiel, mais elle ne vous appartient pas vraiment, elle reste un objet théorique. Une carte manipulée, pliée aux bons endroits, celle qu’on a tenue en main pendant des parties entières, porte une mémoire. Cela dit, je comprends aussi l’attrait de l’état parfait pour qui pense collection sur le temps long.
Vous, qu’est-ce qui vous procure le plus d’émotion : l’objet scellé et intact, ou l’objet vécu et usé par vos propres mains ?